loader image
Afrique

Le Cannabis et sa légalisation – Afrique du Nord

On vient de terminer le continent Américain, mais notre voyage est loin d’être terminé ! Il nous reste encore du paysage à voir et des kilomètres à parcourir.

Aujourd’hui, on a décidé de mettre les voiles, cap sur l’Afrique ! Et plus précisément au Nord du continent africain, appelé aussi « Maghreb ».

L’Afrique, ce vaste continent

Le continent africain contient 55 pays, qui sont répartis comme ceci :

  • le Nord, avec 7 pays ;
  • l’Ouest, avec 15 pays ;
  • l’Est avec 14 pays ;
  • le Centre, avec 9 pays ;
  • et le Sud, avec 10 pays.

Pour le moment, concentrons-nous sur les pays situés du côté Nord de l’Afrique. Mais ne vous inquiétez pas, nous verrons les autres pays plus tard.

D’ailleurs, l’Afrique du Nord que l’on appelle plus communément « le Maghreb » est souvent considérée comme la partie la moins « Africaine » du pays.

En effet, de par leurs caractéristiques linguistiques, leur religion et leur culture, l’Afrique du Nord a plus de points communs avec le Moyen-Orient qu’avec le reste de l’Afrique subsaharienne.

Et les intellectuels africains ne sont pas tous d’accord sur la cause de cette séparation nette. Certains diraient que c’est dû au colonialisme, tandis que d’autres affirment que cette division existait bien avant.

Mais bon, ceci est un autre débat. Penchons-nous plutôt sur ce qui nous intéresse : le cannabis !

Regardons donc ensemble ce qui l’en est des lois en Afrique du Nord, concernant cette plantes si particulière.

algérie

L’Algérie, une plaque tournante de cannabis

Située juste à côté du Maroc, qui est le premier exportateur de haschisch du monde, l’Algérie sert très souvent de passerelle pour les trafiquants, afin qu’ils fassent passer leur drogue en Europe.

Cependant, la loi est stricte en Algérie : La possession et la consommation de cannabis sont illégales et les personnes prises en flagrant délit peuvent être condamnées à six mois d’emprisonnement. La vente et la distribution de cannabis sont également illégales, son approvisionnement étant sanctionné par une peine de deux ans de prison. Et même si ces lois sont sévères, cela n’empêche pas les Algériens et Algériennes de consommer du cannabis, allant même pour certain(e)s jusqu’à en cultiver dans leur propre jardin.

Mais est-ce que la loi s’applique à toutes les formes de cannabis, en l’occurrence pour les variétés qui contiennent essentiellement du CBD ? Et bien malheureusement oui… La loi algérienne ne distinguant pas le CBD du THC, il est aussi illégal que la version THC, et ce, même si la version CBD contient des niveaux de THC minimes. Ainsi, la consommation, l’achat et la vente de produits CBD sont donc illégaux en Algérie.

égypte

L’Égypte, un pays mitigé

La consommation et la possession de cannabis sont illégales en Égypte, et si une personne se fait attraper avec de la marijuana, elle risque au moins un an de prison et une amende minimale de 1 000 livres égyptiennes. Ce sont des lois sévères, mais qui restent vaguement appliquées. 

En effet, la consommation de cannabis est relativement courante dans tout le pays, puisque ce dernier possède une industrie légale du chanvre industriel dont les produits servent à diverses pratiques. On y cultive uniquement du cannabis n’ayant pas des propriétés psychoactives, ayant donc peu ou pas de THC.

Mais cela pourrait changer, car le député égyptien, John Talaat, conteste ces lois. Il va même jusqu’à proposer un projet de loi, en 2018, visant à décriminaliser le cannabis et propose de remplacer la peine de prison par la participation à un programme de traitement.

Malheureusement, les idées de ce député n’ont pas suscité que des réactions positives auprès de ses confrères. Cependant, cela n’a pas empêché le parlementaire Abdel Moneam al-Emealy d’accepter sa suggestion. Affaire à suivre donc…

libye

La Libye souffre du trafic de drogue

Pendant longtemps, Libye fait partie du chemin qu’emprunte le cannabis pour arriver jusqu’en Europe. Et c’est d’ailleurs encore le cas, mais seulement maintenant, ce pays se fait également consommateur de cannabis, et ce, malgré que la plante soit considérée comme illicite.

En pleine guerre civile, depuis 2011, suite à la mort de Mouammar Kadhafi et la dislocation de son régime, le pays a succombé au chaos des affrontements, des guerres et du désordre sécuritaire. Cela a eu pour effet de créer la déliquescence des institutions libyennes, et le renforcement policier en Afrique de l’Ouest a eu pour répercussion directe de déplacer le flux du transport de drogues vers la Libye.

C’est ainsi que le pays est devenu consommateur en plus d’être un marché où prolifèrent de nouveaux acteurs, faisant perdurer le conflit politico-économico-militaire.

Une situation qui n’est pas prête de s’arranger pour le moment…

maroc

Le Maroc, pays phare du cannabis

Le Maroc est d’après l’UNODC (United Nations Office on Drugs and Crime), le premier producteur et exportateur de haschich au monde. Il fait partie également, et c’est assez logique, des plus importantes superficies mondiales de cannabis.

Ainsi, dans le nord du Maroc, le kif, qui est le nom donné au cannabis régional, fait partie du patrimoine local. Bien qu’elle soit interdite par la loi marocaine, sa consommation est largement tolérée par les autorités et la société, tout comme sa production qui fait, selon des estimations récentes, vivre environ 9 000 marocains et marocaines.

D’ailleurs, au début de l’été 2019, le conseil de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma a voté en faveur d’une commande d’étude sur les opportunités de cultiver du cannabis dans la région. En effet, le taux de chômage étant très fort au Maroc (12.7 %) et la variété de cannabis riche en CBD étant légalisée dans divers pays du monde, notamment en Europe et aux États-Unis, cette opportunité pourrait aider économiquement le pays.

tunisie

Tunisie, des lois sévère contre le cannabis

Appelée « zatla » à l’échelle nationale ou « takrouri » à l’échelle régionale, le cannabis, même sous différents noms, reste illégal et donc interdit en Tunisie.

Le pays est connu pour sa grande sévérité en matière de condamnation concernant le cannabis. En effet, la possession et la consommation de cannabis sont illégales en Tunisie et avant 2017, les personnes arrêtées avec même de petites quantités étaient condamnées à une peine minimale d’un an d’emprisonnement, pouvant aller jusqu’à un maximum de cinq ans. Et bien entendu, une amende s’ajoutait à cette peine, allant de 1 000 à 3 000 dinars tunisiens, ce qui fait l’équivalent de 300 à 900 euros. Sachant que le salaire moyen en Tunisie s’élève à 640 dinars tunisiens (220 euros), l’addition est plutôt salée !

Après de vives protestations de la part des citoyens et les militants tunisiens, la loi a été modifiée en 2017, mais surtout en raison de la surpopulation carcérale. Le gouvernement a permis aux juges de réhabiliter les accusés dès l’annonce du jugement, évitant ainsi des peines de prison inutiles.

Mais cela n’empêche pas le trafic de poursuivre, car il est difficile d’exercer une surveillance efficace de la longue frontière tuniso-algérienne. De plus, les autorités qui s’en chargent ont la réputation d’être corrompues, c’est pourquoi, dans une pareille situation, les trafiquants n’hésitent pas à prendre le risque de vendre leur drogue.

Conclusion

Les lois, pourtant strictes en Afrique du Nord, ne freinent pourtant pas le commerce illégal des drogues, notamment le cannabis.

Mais avec la législation qui change dans les autres pays du monde, les pays d’Afrique du Nord auraient sûrement tout intérêt à conserver ce trafic, qui pourrait leur être très lucratif, lui permettant de conserver sa place de leader dans le marché du cannabis. En tout cas, c’est ce que l’on espère.

En attendant, c’est fini pour aujourd’hui. On vous souhaite un excellent week-end, et on se retrouve lundi prochain, pour notre rendez-vous culinaire hebdomadaire.