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Le cannabis et sa légalisation – Le Canada

Nous revoilà pour aborder le sujet de la légalisation du cannabis, mais cette fois-ci on se retrouve au pays du grand nord blanc, j’ai nommé le Canada ! Étant donné que la dernière fois on s’était arrêté aux États-Unis, et comme avec Kilogrammes, on aime bien vous faire voyager, on a décidé de poursuivre cette escapade avec vous. Vous êtes prêts ? Alors c’est parti !

Le cannabis au Canada en 1923

Déjà, il faut savoir que le cannabis était interdit en 1923 par une loi fédérale, que ce soit sa vente, sa production ou bien sa consommation. Puis en 2003, une première campagne de décriminalisation a été faite par le Premier ministre, Jean Chrétien, avec le projet de loi C-38.

Ce projet de loi avait permis alors de pouvoir consommer et cultiver du cannabis pour chaque citoyen qui était en possession d’une ordonnance prescrite par un médecin canadien.

Puis vint le tour de Justin Trudeau, le chef du Parti libéral du Canada et actuel Premier ministre du Canada, en 2015, de poursuivre les efforts déjà effectués sur la légalisation du cannabis, en en faisant une promesse de campagne. Il a donc fait de la légalisation son élément-clé, promettant que cela permettrait d’éliminer les profits du trafic organisé.

Ainsi, à cette époque, le cannabis était autorisé seulement à usage médical, mais cela a pu évoluer depuis.

La légalisation du cannabis à des fins récréatives au Canada

Quelques années plus tard, la légalisation du cannabis à usage récréatif est débattue et votée au cours de l’année 2017, suivant les promesses de campagne de Trudeau. Mais cette loi n’entrera en vigueur que bien plus tard. En effet, ce sont les conflits législatifs avec le Sénat et les provinces qui auront repoussé la date de cette loi au 17 octobre 2018.

Trudeau soutient que les lois précédentes ne permettaient pas de contrer le marché noir du cannabis, amenant des coûts monstrueux pour l’État, sans réelle efficacité. En effet, faire appliquer la loi par les services judiciaires et policiers coûte environ 1 milliard de dollars à l’État ! De plus, le constat n’est pas des plus plaisants, car la consommation du cannabis de diminue par vraiment, et ce, malgré ces lois.

Par ailleurs, la Commission mondiale sur la politique des drogues) a également démontré que les marchés illégaux étaient la résultante du caractère illégal de la marijuana. Et au vu de l’ampleur de ces marchés noirs, il serait alors contre-productif de durcir davantage les mesures législatives déjà mises en place.

De ce fait, après l’Uruguay et plusieurs États américains, le Canada est donc le premier pays du G20 à sauter le pas pour légaliser le cannabis au niveau fédéral. Alors pourquoi la légalisation du cannabis au Canada a fait couler autant d’encre ?

Une légalisation différente dans chaque province du Canada

Le Canada est un État fédéral, et donc, de ce fait il existe des disparités entre les différentes provinces qui le composent. Ce sont donc différentes sociétés qui gèrent la vente du cannabis, comme c’est le cas de la  la SQDC (Société québécoise du cannabis) au Québec par exemple. Bien que ce soit une société appartenant à l’État, elle agit comme n’importe quel revendeur privé. Cela permet notamment aux consommateurs de commander du cannabis en ligne, et ce, en toute confidentialité.

Penchons-nous maintenant du côté des producteurs : le marché est en pleine expansion ! Le numéro 1 mondial de la culture de cannabis, Canopy Growth, s’est vu s’installer à Tweed, dans l’Ontario, pour multiplier sa production. Et ce déménagement lui a été très lucratif car il a vu sa production multipliée par 10 , lors du premier semestre après la légalisation du cannabis au Canada.

Mais malgré ces fulgurants progrès, ce nouveau projet de loi n’arrête pas les marchés illégaux…

Le marché noir du cannabis au Canada

Ainsi, le marché noir constitue toujours l’essentiel des ventes du cannabis au Canada.

Alors que la loi sur le cannabis avait pour objectif principal de restreindre l’accès de ce produit aux jeunes, ce type de consommateurs de marijuana auront alors plus de probabilité d’acheter leur cannabis sur le marché noir. Selon Statistique Canada, ce chiffre tournait aux alentours de 60% chez les 15/24 ans un an après la légalisation.

Mais pourquoi ces marchés illégaux continuent d’exister malgré le projet de loi Canadien ?

Des ruptures de stocks fréquentes

Bien que les boutiques légales proposent des produits de bonne qualité, avec une certaine garantie de sécurité, puisque les produits sont testés en amont dans des laboratoires, pour autant, ces boutiques sont trop souvent en rupture de stock

En effet, le système fédéral canadien implique une certaine indépendance législative des provinces vis-à-vis du gouvernement national. Les provinces et les autorités locales peuvent donc définir l’implémentation, la régulation et les procédures liées à la légalisation du cannabis. En clair, ce sont les provinces qui sont décisionnaires en matière de distribution, prix de vente, culture chez soi, de l’âge légal de consommation, et des lieux autorisés. Et cela crée des incohérences entre les provinces canadiennes. 

Par exemple, l’Ontario qui est la province la plus peuplée, autorise la distribution via un site Internet contrôlé par l’Ontario Cannabis Store et géré par le gouvernement régional. Mais permet également, à partir de 2019, au marché privé de vendre au public.

Alors qu’à l’opposé, au Québec, seule la SQDC, société publique et gérée par le gouvernement local, est autorisée à vendre au détail.

Et c’est justement parce que les ravitaillements des boutiques légales sont gérés par les provinces, que le stock est souvent rapidement écoulé, poussant alors les consommateurs à se tourner vers des produits illégaux.

Des prix moins compétiteurs

De plus, les boutiques légales peuvent pratiquer des prix plus élevés que chez les dealers non autorisés. Ainsi, selon Statistique Canada, le prix moyen au gramme sur le marché légal est ainsi de 10,23 dollars canadiens, contre 5,59 dollars canadiens sur le marché noir. Cette différence de prix est justifiée par les règles sanitaires strictes que subissent les produits légaux qui sont très coûteux.

Les consommateurs auront alors tendance à se tourner vers le marché gris, voire le marché noir, pour avoir leurs produits à des prix plus attractifs, quittes à ce que la qualité du produit soit moins bonne.

Par ailleurs, le cannabis comestible, ainsi que les concentrés et les extraits de cannabis n’ont été disponibles à la vente légale qu’à partir d’octobre 2019. Ceci a fini par creuser davantage l’écart déjà existant entre les attentes du marché et la vente autorisée.

La fin des petits cultivateurs ?

Si le marché est régulé par le gouvernement, cela pourrait mener, sans le vouloir, à un contrôle de la production par de grandes entreprises, forçant les petits cultivateurs à se tourner vers un marché gris ou noir. Il faut savoir que le marché international du cannabis thérapeutique a déjà permis de créer une grosse industrie, avec des experts de la production de masse au Canada. Ces industries sont la Canopy Growth, l’Aurora Cannabis, l’Aphria Inc., et bien d’autres encore. Ce marché permet au Canada de se hisser au premier rang des producteurs d’un cannabis thérapeutique de qualité et produit légalement

Comme ce type de marché est très lucratif, de grosses industries commencent alors à s’y intéresser, créant un gouffre énorme entre ces industries de masse, et les petits producteurs locaux.

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La légalisation du cannabis au Canada en 2020

Comme l’année 2021 vient tout juste de commencer, Kilogrammes vous propose de regarder ensemble ce qui s’est passé pour le Canada lors du dernier mois de l’année 2020 :

2 décembre 2020 : La Feuille Verte souhaite conquérir le marché québécois et prévoit, d’ici la fin 2021, d’ouvrir entre 15 et 20 Maison d’Herbes café-boutique à travers la province.

9 décembre 2020 : Canopy Growth a annoncé la fermeture de 5 sites de production au Canada et le licenciement d’environ 220 employés, pour retrouver la rentabilité. Le COVID-19 a fait également des ravages sur le géant canadien du chanvre.

12 décembre 2020 : Neptune Solutions bien-être lance sa propre marque de produit de CBD, Mood Ring.

17 décembre 2020 : Les deux champions canadiens Aphria et Tilray ont annoncé leur fusion le 16 décembre. Cette fusion leur fait gagner la première place du secteur du cannabis.

22 décembre 2020 : une étude menée par des chercheurs du BC Centre on Substance Use (BCCSU) a révélé que le chanvre aiderait à réduire la consommation d’opioïdes. Elle est apparue dans revue Drug and Alcohol Dependence, et les résultats auraient été tellement prometteurs que l’Instituts de recherche en santé du Canada aurait demandé à effectuer une étude pilote pour examiner l’efficacité de la consommation de chanvre en tant que thérapie de soutien.

Le mot de Kilogrammes

Même si la légalisation du cannabis au Canada fut un très grand pour le pays que ce soit au niveau médical ou récréatif, il reste quand même pas mal de chose à faire avant que la situation soit optimale.

Entre le fait de trouver un  équilibre pour intégrer les acteurs existant à la nouvelle régulation, et le fait de pratiquer des prix attractifs avec des produits de qualité afin d’éclipser totalement le cannabis du marché noir, il faudra du temps.

N’oublions pas que cette légalisation ne date que de 2018, donc soyons patients !

La compagnie de Kilogrammes espère que vous aurez apprécié le voyage autour de la légalisation du cannabis au Canada, et espère vous revoir bientôt !

D’ailleurs retrouvez-nous lundi prochain pour une recette plus d’alléchante ! D’ici là, l’équipe de Kilogrammes vous souhaite un excellent week-end !